Melun. Les commerçants sollicités pour aider les personnes sans domicile fixe

Sylvain Deleuze Sophie Bordier
MelunSDFLe Carilloncommerçantsaides

« Cela ne m’intéresse pas », s’énerve d’emblée un commerçant du centre-ville de Melun à la simple évocation des personnes sans domicile fixe (SDF). Samedi, une vingtaine de bénévoles de l’association Je suis Charclo et La boussole urbaine, sous le contrôle de l’association La Cloche, un réseau de citoyens solidaires et bienveillants, sont allés à la rencontre des commerçants de la ville. L’objectif est de permettre à des SDF d’avoir des relais auprès des commerçants pour recharger leurs portables, utiliser des toilettes, réchauffer un plat… « On rompt ainsi l’isolement des clochards qui vivent entre eux et l’on crée ainsi du lien social », explique Louis-Xavier Leca, fondateur et directeur de l’association La cloche, instigatrice du projet Le Carillon.

Sur plus de 80 boutiques visitées, une vingtaine s’est montrée favorable pour donner un coup de main. « Nous sommes franchisés et le siège ne veut pas s’impliquer », explique le gérant d’une boutique d’optique. « En moyenne, on a une réponse positive sur dix magasins, estime Louis-Xavier. Une fois que c’est lancé, certains viennent nous voir pour s’inscrire. » À la clé, un logo de l’association et un pictogramme avec les services que les commerçants peuvent assurer sur la devanture. Le commerçant apparaît ensuite auprès d’associations et sur Internet. Certains services sont possibles via l’utilisation de bons gratuits. Un service qu’a choisi Fabrice Valeriani, le patron du restaurant L’Hérytage. Il s’est engagé à fournir une dizaine de cafés gourmands par mois. « C’est une belle initiative mais elle ne doit pas se limiter aux commerçants. La société civile, au sens large, doit plus s’impliquer pour que l’indifférence cesse », explique le patron entre deux clients.

Le patron d’un café de la place Saint-Jean, souhaitant rester anonyme, a aussi donné son accord pour certaines aides. « Il faut que cela soit bien cadré sinon les clients peuvent fuir », souligne-t-il, à Ophélie Danese, vice-présidente de Je suis Charclo. Cette dernière s’occupera du suivi de l’opération avec Le Carillon. « On espère créer des liens un peu plus durables pour permettre aux SDF de garder la tête hors de l’eau », conclut Louis-Xavier Leca.

Source : http://www.leparisien.fr/melun-77000/melun-les-commercants-sollicites-pour-aider-les-personnes-sans-domicile-fixe-14-05-2017-6948237.php